Mieux connaître les douleurs oculaires chroniques pour mieux les soulager

#Santé Retour aux actualités

Synonyme de sensations douloureuses, la sécheresse oculaire est aujourd’hui l’un des premiers motifs de consultation en ophtalmologie. Et pourtant, les douleurs oculaires chroniques sont les plus difficiles à traiter, les mécanismes responsables de leur persistance étant encore mal connus. A l’Institut de la Vision, l’un des plus importants centres de recherche entièrement dédiés aux maladies oculaires, de récents travaux en ont permis une meilleure compréhension. Un pas de plus vers la découverte de nouveaux traitements qui, un jour, pourront soulager les nombreux patients atteints de douleurs oculaires chroniques.

Comment définir la douleur ?

Par une sensation désagréable assurément, une expérience aussi sensorielle qu’émotionnelle issue d’un message douloureux transmis par le système nerveux. A son origine : les nocicepteurs, ces récepteurs sensoriels de la douleur qui se retrouvent partout dans le corps, sauf dans le cerveau. Lorsqu'ils sont stimulés par des agressions de différentes natures, ils envoient une information au cerveau qui est transmise par les nerfs sensitifs. C’est pourquoi il importe de distinguer la douleur, une expérience ressentie, de la nociception, qui est l’ensemble des processus mis en œuvre dans le codage, la transmission et le traitement des messages nerveux issus des nocicepteurs.

La douleur oculaire : variée, complexe et difficile à traiter

La sécheresse oculaire par exemple est l’un des premiers motifs de consultation dans les cabinets d’ophtalmologie : caractérisée par une douleur à intensité variable, cette pathologie concerne entre 5 et 35 % des personnes de 50 ans et plus. Avec un effet handicapant puisque près de 60% des patients se déclarent gênés dans leurs activités quotidiennes. Rappelons que la douleur oculaire se loge essentiellement sur le segment antérieur de l’œil, comprenant la cornée, la conjonctive, l’iris et les corps cillaires, quand le segment postérieur de l’œil (rétine) est quant à lui peu innervé par le système nociceptif. Rien d’étonnant même à ce que la moindre agression de la cornée (un cil ou une poussière sur l’œil) ou une lésion des nerfs cornéens provoquent une douleur d’une très forte intensité : la cornée est en effet le plus puissant générateur de douleur de l’œil et même de tout l’organisme puisqu’elle est le tissu le plus densément innervé du corps : on estime à 7000/mm2 la densité des terminaisons nerveuses cornéennes chez l’homme. Pour avoir un ordre d’idées, cette densité est 500 fois plus élevée que celle de la peau et 30 fois plus que la pulpe dentaire ! Pour remédier à ces douleurs, les médecins disposent aujourd’hui d’un faible éventail thérapeutique, allant des larmes artificelles jusqu’aux antalgiques par voie générale, en passant par les anti-inflammatoires ou immunomodulateurs locaux, tous ayant une efficacité limitée dans le cadre de douleurs oculaires chroniques.

De nouvelles pistes de recherche

A l’Institut de la Vision, l’équipe du Pr Christophe Baudouin et du Dr Stéphane Mélik Parsadaniantz est la seule, en France, à consacrer des travaux de recherche aux douleurs oculaires, son objectif étant de connaître les mécanismes impliqués dans l’initiation et la chronicisation de ces douleurs pour mieux les contrer et développer des traitements performants. Ses récents travaux ont clairement permis de faire un bond certain dans cette connaissance et compréhension de la douleur oculaire. Ceux du Dr Annabelle Réaux-Le Goazigo, chercheuse Inserm à l’Institut de la Vision, par exemple ont permis de mieux identifier les neurones en cause dans ces pathologies, en déterminant la distribution en 3D des neurones cornéens dans le ganglion trijumeau et en identifiant précisément les neurones cornéens. Récemment, les équipes de l’Institut de la Vision ont mis en place un dispositif permettant de mesurer l’activité électrique des nerfs cornéens qui véhiculent l’information nociceptive jusqu’au cerveau. Cela a permis de mieux comprendre les modifications qui surviennent lors de douleurs oculaires aigues ou chroniques. Aussi, les recherches de l’Institut de la Vision ont mis en lumière le rôle joué par les neurones mais aussi certaines cellules dans le cerveau dans la chronicisation de la douleur oculaire. Ils ont ainsi découvert que dans un contexte de douleur chronique se met en place une activation ou un dérèglement du fonctionnement de ces cellules dans les régions cérébrales impliquées dans la douleur.

Un espoir pour la découverte de nouvelles thérapies

Ces recherches uniques en France ont ainsi progressivement permis d’identifier les principaux acteurs cellulaires et moléculaires responsables de la chronicisation de la douleur. Pour aller plus loin et mettre à profit ces nouvelles connaissances, l’Institut de la Vision, en collaboration avec les équipes de Pr Baudouin et l’hôpital des Quinze-Vingts travaillent actuellement à la mise en place d’un questionnaire spécifique « Douleur oculaire » destiné aux patients. En parallèle, sont intitiés plusieurs projets visant à toujours mieux connaître et comprendre cliniquement la séquence et nature des événements à l’origine des mécanismes responsables de la douleur oculaire chronique. Autant de travaux qui ouvrent de nouvelles perspectives et laissent entrevoir l’espoir de découvrir de nouveaux médicaments afin de soulager ceux qui ne disposent à ce jour d’aucun traitement.

 

Rédaction réalisée en partenariat avec le Pr Baudouin de l’Institut de la Vision, avec tous nos remerciements.


Pour continuer à faire avancer la recherche sur les maladies des yeux et de la vision, faites un don !

Que vous soyez un particulier, une entreprise ou une association, le soutien de chaque donateur représente une opportunité exceptionnelle pour encourager et faire avancer la recherche et l’innovation à l’Institut de la Vision. Dès maintenant, n’hésitez pas à faire un don : rendez-vous sur www.fondave.org ou www.institut-vision.org ou par téléphone au 01 53 46 26 07. Par courrier, adressez votre chèque de don à l’ordre de la Fondation Voir & Entendre au 17 rue Moreau 75012 Paris.

 

A lire aussi :

.  La recherche sur la DMLA >>

. L'institut de laVision, les travaux du centre de recherche dédié aux maladies de la vision >>

Glaucome, la recherche avance !  >>

 

Back to top