Myopie, pourquoi parle-t-on de pandémie ?

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En 2010, 28,3% de la population était atteinte de myopie, ce trouble visuel qui se traduit par une difficulté à voir de loin. En 2050, ce taux pourrait passer à 49,8 % et ainsi concerner 5 milliards d’individus, soit la moitié de la population mondiale. D’ « épidémie », la myopie est devenue synonyme de pandémie et, dans le même temps, d’enjeu de santé publique. Explications.

Les chiffres sont sans appel : on estime aujourd’hui à un peu plus de 30 % le nombre de personnes atteintes de myopie dans le monde. Or ce taux pourrait passer à 50 % d’ici 2050 selon l’étude parue en 2016 dans la très sérieuse revue Ophtalmology. C’est d’abord en Asie qu’a été repérée cette plus grande fréquence de la myopie chez les enfants et les adolescents, avec une prévalence allant jusqu’à 70% à Hong Kong (quand elle n’était que de 10% en Afrique du Sud ou encore 25% au Royaume-Uni). Toutefois, depuis une vingtaine d’années, cette plus grande prévalence de la myopie est observable sur d’autres continents. Ainsi, aux Etats-Unis, le nombre de myopes a triplé en 30 ans pour représenter aujourd’hui près de 40 % la population. En Europe, le taux de myopie s’élève environ à une personne sur trois. Si l’on parlait d’ « épidémie » il y a quelques années (même s’il ne s’agit pas d’une maladie infectieuse contagieuse à proprement parler), c’est davantage le terme de pandémie qui est aujourd’hui utilisé par les professionnels de la vision, la myopie se répandant à grande vitesse sur l’ensemble de la planète.

De l’importance de dépister la myopie au plus tôt

La myopie est un trouble de la vision qui, dans sa forme la plus répandue, apparaît le plus souvent durant la période de l’adolescence, voire de l’enfance (le plus souvent après 9 ans), puis évolue jusqu’à se stabiliser à partir de 25 ans. Chez l’enfant, une myopie non corrigée peut avoir de lourdes conséquences sur sa scolarité, son développement personnel et devenir un fort handicap dans son quotidien. C’est pourquoi des signes doivent alerter et inciter à consulter rapidement un ophtalmologiste : l’enfant myope a souvent le nez collé à sa feuille, l’adolescent à son portable ou sa tablette, il s’assoit très près du téléviseur, plisse les yeux pour regarder au loin… Le médecin prescrira alors, si besoin, la correction la plus adaptée.

La myopie forte, l’une des grandes causes de cécité

Plus rare parce qu’elle ne concerne que 5 à 10% des myopes, soit 2 à 3% de la population mondiale, la myopie forte est quant à elle une pathologie dégénérative qui peut entraîner une perte de vision plus ou moins importante. Elle constitue actuellement l’une des trois grandes causes de cécité dans le monde. En effet, de nombreuses complications sont rencontrées par les personnes touchées de myopie forte depuis leur enfance, notamment lorsqu’elles atteignent 40 ans : elles sont alors plus sujettes à la survenue d’un décollement de rétine, d’un glaucome plus sévère, d’atrophies maculaires, de cataracte précoce… Or il n’existe aujourd’hui aucun traitement pour contrer la myopie forte. Un contrôle régulier (une fois par an) chez l’ophtalmologiste est préconisé par les professionnels de la vue. En cas de baisse de vision centrale, il ne faut pas hésiter à consulter en urgence (un ophtalmologiste ou se rendre aux urgences de l’hôpital).

 

Sources :
• American Academy of Ophtalmology, Global Prevalence of Myopia and High Myopia and Temporal Trends from 2000 through 2050. Revue Ophtalmology. https://www.aaojournal.org/article/S0161-6420(16)00025-7/pdf
• L’ophtalmologie en 2019, Société Française d’Ophtalmologie, janvier 2019
• Encyclopédie de la Vue, les troubles visuels de l’enfant, Syndicat national des Ophtalmologistes de France

 

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