Le mouvement de vos yeux comme signature biométrique

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Le secret des saccades oculaires...
Les saccades oculaires sont assez peu connues et pourtant elles révèlent des informations inédites.

 

Qu'est-ce qu'une saccade oculaire ?

Les mouvements effectués par les yeux pour suivre du regard, par exemple un oiseau dans le ciel ou pour lire des mots les uns à la suite des autres, n’est pas continu et lisse comme on pourrait le penser. Les yeux effectuent des mouvements de saccades équivalents à des « sauts de puces » et fixent, lors de la lecture, le début d’une phrase puis fixent directement une partie plus excentrée de cette même phrase et ainsi de suite.

saccades oculaires

Ces mouvements oculaires caractéristiques sont étudiés par diverses équipes de chercheurs et de scientifiques. Ils ont découvert que les mouvements des yeux, les saccades, sont propres à un individu et peuvent donc constituer une signature biométrique. Ainsi deux personnes qui suivent du regard des cibles sur un écran déplaceront leurs yeux vers le même objet mais le comportement du mouvement oculaire sera unique pour chaque individu.
Découvrez cette animation en 3D interactive qui permet de comprendre comment les yeux peuvent bouger : 

 

 

Un système de sécurité biométrique basé sur le mouvement des yeux est développé en Finlande :

L’équipe en charge du projet explique dans la revue International Journal of Biometrics, que les saccades oculaires peuvent être facilement mesurées au moyen d’un enregistrement vidéo. Martti Juhola et ses collègues de l’Université de Tempere constatent que les empreintes digitales et les reconnaissances de visage sont les moyens de sécurisation d’accès à des données ou même de contrôle des frontières les plus utilisés. La reconnaissance de l’iris est aussi utilisée mais toutes ces techniques sont faillibles car elles peuvent être trompées par des images en 3D ou des reproductions fictives identiques.

empreinte oculaireAinsi l’équipe de chercheurs considère que l’un des avantages des caméras à haute définition est de pouvoir mesurer des mouvements précis qui permettent la mise en place de vérifications biométriques dynamiques beaucoup plus fiables que les techniques statiques de reconnaissance citées précédemment. « Les saccades sont probablement le mouvement oculaire le plus simple à détecter par une analyse du signal. C’est le mouvement le plus rapide de l’œil et il est très facile à mesurer car il suffit de demander aux personnes de regarder une cible puis une autre sur un écran d’ordinateur » explique l’équipe.

Les tests préliminaires suggèrent qu’une vérification ne dure qu’à peine 30 secondes pour enregistrer 30 à 40 saccades avec une précision de résultat de l’ordre de 90% à 100%.

Aux Etats-Unis, à l’Université San Marco au Texas, l’équipe dirigée par Oleg Komogortsev travaille sur la mise au point d’un système qui permettrait de mesurer les saccades oculaires et les associer à une personne garantissant ainsi son identité.

 

Une découverte utile pour d'autres applications telle que le dépistage de la maladie de Parkinson

Ces découvertes ont mis aussi en lumière la corrélation entre saccades oculaires et la détection de certains troubles comme la maladie de Parkinson, le déficit de l’attention avec hyperactivité ou le syndrome d’alcoolisation fœtale. Nous pouvons alors penser que l’analyse du mouvement des yeux pourrait aussi remplacer des examens diagnostiques plus lourds et permettre de déceler des affections rapidement.

Nos yeux ne sont plus simplement le reflet de notre âme mais ils révèlent aussi le fonctionnement de notre cerveau et sont gages de notre identité.

 

 

Sources :

Biometric verification of subjects using saccade eye movements - Youming Zhang, Jyrki Rasku, Martti Juhola - Int. J. of Biometrics 2012 - Vol. 4, No.4  pp. 317 - 337 

Biometric Identification via Eye Movement Scanpaths in Reading - C. Holland, and O. V. Komogortsev - In Proceedings of the IEEE International Joint Conference on Biometrics (IJCB), 2011, pp. 1-8

Study examines association between Parkinson disease, cancer - Lisa A. Cannon-Albright - Archives of Neurology, 3 septembre 2012

 

 

 

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