La réalité augmentée au service de la vision

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Le dispositif AUREVI, voir grâce au numérique

Prenant l’apparence d’une paire de lunettes de soleil couvrantes, le dispositif AUREVI - « AUgmented REality for the Visually Impaired » ou réalité augmentée pour les personnes malvoyantes - est constitué principalement de deux écrans et de mini-cameras. A chaque instant, les informations capturées sont transmises à un petit ordinateur qui, à l’issu du traitement, va générer une image adaptée de la scène visuelle qui sera affichée sur les écrans embarqués.
 
Un point clé du système est qu’il est «fermé », occultant complètement la luminosité provenant de l’extérieur, l’objectif étant de maintenir la personne dans des conditions lumineuses calibrées et toujours optimales en prenant en compte l’efficacité et le confort de visualisation.
 
Une autre caractéristique importante du système concerne la prise en compte de la vision résiduelle. L’information est présentée de manière à s’adapter au handicap de l’utilisateur : champ visuel restreint, tendance à l’éblouissement, vision scotopique réduite, perception des couleurs altérée, etc.
L’évaluation du potentiel visuel et de son utilisation fonctionnelle va permettre de déterminer comment l’exploiter et l’enrichir pour améliorer l’autonomie de la personne dans ses déplacements.

Une utilisation d’AUREVI en tant qu’aide à la communication, par exemple pour la reconnaissance d’expressions faciales, est également envisagée.

Un contexte scientifique pluridisciplinaire

L’Ecole des Mines d’Alès (EMA) et l’institut ARAMAV à Nîmes, spécialisé dans la rééducation et la réadaptation fonctionnelle basse vision, collaborent depuis plusieurs années dans le cadre d’un projet de neuroprothèse visuelle, le projet Laser Driven Optical Prosthesis (LASDOP) dirigé par Michel Dumas. Ces deux institutions se sont récemment associées pour développer cette aide technique destinée aux personnes en situation de basse vision.
Baptisé AUREVI, ce projet est porté par l’EMA et est sous la responsabilité d’Isabelle Marc, enseignant-chercheur.
Le concept du dispositif est inspiré par les travaux en vision prothétique réalisés dans le cadre du projet LASDOP, ainsi que de la philosophie même de ce dernier.
Ces travaux en vision prothétique sont menés par Isabelle Marc, Guillaume Tatur et le Docteur Gérard Dupeyron (médecin ophtalmologiste au CHU de Nîmes, médecin chef de l'ARAMAV). 

Un projet complexe aux enjeux importants 

Ce projet représente beaucoup de travail et tous les intervenants ont conscience des difficultés, des enjeux ainsi que des attentes qu’il suscite. Cependant les compétences sont là, celles de l’EMA bien évidement mais aussi celles des professionnels de l’ARAMAV, possédant une expertise reconnue de la basse vision.  Tout cela confère à ce projet fortement pluridisciplinaire toutes les clefs pour faire d’AUREVI, à terme, un outil performant, utile et adapté.
 
Guillaume TATUR,
Chercheur au C.H.U de Nîmes,
Co-concepteur du projet.
lunettes basse vision malvoyance
 
Crédit photo : © Guillaume Tatur
 
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