Dépistage de la DMLA, une innovation en imagerie

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Concernant une personne de plus de 75 ans sur quatre, la DMLA est un véritable enjeu de santé publique, qui mobilise à ce titre de très nombreux chercheurs à travers le monde. En décembre 2021, des équipes du CHNO des Quinze-Vingts, de l’Institut de la Vision à Paris et de l'université de Pittsburgh aux États-Unis ont dévoilé les résultats d'une étude utilisant une nouvelle méthode d'imagerie qui, à terme, pourrait permettre un diagnostic précoce de la DMLA et un suivi plus précis de sa progression.

 

DMLA, l'enjeu du diagnostic précoce

Première cause de malvoyance chez les plus de 50 ans dans les pays industrialisés, la DMLA - dégénérescence maculaire liée à l'âge - touche environ 196 millions à l'échelle du monde, plus d'1,5 million dans l'Hexagone. S'il existe à ce jour un traitement pour ralentir l'évolution de la forme néovasculaire de la DMLA, à savoir par des injections intravitréennes d'anti-VEGF, rappelons que la forme atrophique - dite sèche - ne dispose à ce jour d'aucun traitement médicamenteux. Cependant, le dépistage et le diagnostic précoces sont particulièrement importants car des moyens existent pour freiner la maladie tels l'adoption d'une bonne hygiène de vie (alimentation, arrêt du tabac, activité physique...) ou encore la prise de compléments alimentaires spécifiques.

L'optique adaptative au service de la DMLA

Face à cet enjeu de santé publique, de nombreuses équipes de chercheurs travaillent à travers le monde à mieux comprendre les origines et mécanismes de cette maladie évolutive, avec l'espoir de développer les thérapies les plus adaptées. Et c'est du côté de l'imagerie qu'une innovation a été dévoilée en décembre 2021, sur le site TVST de l'Arvo Journal, émanant des équipes de chercheurs-cliniciens du CHNO des Quinze-Vingts, de l'Institut de la Vision, à Paris, et de l'Université américaine de Pittsburgh. Ils viennent en effet d'utiliser une solution d'imagerie tout à fait inédite, qui permettrait de préciser plus encore le diagnostic de la DMLA. Il s'agit notamment d'une nouvelle technologie d’optique adaptative (OA) dite “imagerie OA dépendante du regard”, qui permet de détecter, définir et quantifier avec un contraste et une résolution élevés les dépôts accumulés sous la rétine, appelés les drusens.

Les drusens, facteurs de risque de la DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l'âge débute en effet par une phase précoce, appelée maculopathie liée à l’âge (MLA), qui se distingue par l’accumulation de petits dépôts blanchâtres - les drusens - à l’intérieur et autour de la macula. Jusqu'alors détectables via un simple examen de fond d’œil, ces derniers traduisent le vieillissement de la rétine et s'avèrent donc des signes précurseurs de la maladie. Avec cette nouvelle technique d'optique adaptative, la détection et la documentation des drusens dans la rétine est augmentée de plus de 250 % par rapport à la méthode actuelle du fond d'œil. Totalement innovante, cette mesure plus précise des drusens offre ainsi de nouvelles perspectives pour un diagnostic plus précoce de la DMLA, une meilleure compréhension de l'évolution des drusens, une surveillance accrue de leur progression mais aussi une possibilité nouvelle de tester sur des temps courts les différentes approches thérapeutiques. À suivre donc.

DMLA Drusens

En photo : La visualisation des drusens est réalisée par une nouvelle technologie d’optique adaptative (OA) appelée « imagerie OA dépendante du regard - Gaze-dependent OA ». Les images réalisées chez des volontaires sains et des patients atteints de DMLA à un stade avancé permet de définir les drusens comme des structures annulaires (image à droite) avec une délimitation claire et quantifiable.

Nathaniel Norberg DMLA Guide Vue

En photo : Nathaniel Norberg, co-premier auteur de l'étude

Source :  “A New Method for Visualizing Drusen and Their Progression in Flood-Illumination Adaptive Optics Ophthalmoscopy” Ethan A. Rossi; Nathaniel Norberg; Chiara Eandi; Celine Chaumette; Saloni Kapoor; Laura Le; Valerie C. Snyder; Joseph N. Martel; Josselin Gautier; Kiyoko Gocho; Kunal K. Dansingani; Jay Chhablani; Angelo Arleo; Sarah Mrejen; José-Alain Sahel; Kate Grieve; Michel Paques. (doi.org/10.1167/tvst.10.14.19)

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