La transformation des cabinets d'ophtalmologie se poursuit

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Afin de réduire les délais d'attente pour l'obtention d'un rendez-vous chez l'ophtalmologiste, la profession s'est depuis plusieurs années mobilisée, sous l'impulsion du syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), et s'est profondément réorganisée. Une étude, révélée le 4 février 2022 par son président, Thierry Bour, témoigne clairement de la prédominance d'un tout nouveau modèle d'organisation des cabinets d'ophtalmologistes, permettant de réduire considérablement les délais de rendez-vous et, par conséquent, d’améliorer la prise en charge des patients.

Déjà plus de quinze ans que la filière visuelle se réorganise pour faire face à la pénurie d'ophtalmologistes et la demande croissante en soins visuels liée notamment au vieillissement de la population. Et les résultats s'en font chaque année ressentir, comme en témoigne encore la dernière enquête annuelle du Snof à laquelle ont participé 1552 ophtalmologistes de secteurs 1 et 2, en répondant à un questionnaire pour la période du 1er janvier au 12 décembre 2021.

Le travail aidé, un modèle devenu majoritaire

Un chiffre témoigne du changement profond de l'organisation des cabinets : 7 ophtalmologistes sur 10 exercent en travail aidé. S'il est assez stable par rapport à 2020, il continue toutefois de s'accentuer avec une augmentation notable de 8 points sur les deux dernières années. Le travail aidé est en effet l'une des conséquences directes des différents protocoles mis en œuvre ces dernières années pour créer des équipes pluridisciplinaires autour de l'ophtalmologiste en favorisant la délégation de tâches. Il permet concrètement au médecin de se concentrer sur des activités purement médicales et, autour de lui, l'organisation en équipe constituée de plusieurs professions améliore l’accès aux soins des Français. Le Snof notait ainsi que l’offre en soins visuels avait presque été doublée en vingt ans avec un nombre pourtant relativement fixe d’ophtalmologistes. Bien que ce nouveau modèle organisationnel soit plus répandu chez les ophtalmologistes de secteur 2 plutôt que de secteur 1, il demeure particulièrement plébiscité par les médecins de moins de 40 ans qui sont 90% à y recourir. Et cette organisation est un phénomène national : elle se développe partout en France, avec des régions comme l’Occitanie, la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et la Bourgogne Franche-Comté qui ont les taux les plus élevés mais aussi des régions comme les Hauts-de-France ou encore la Bourgogne Franche-Comté qui observent les plus fortes
progressions depuis 2019.

Plusieurs professionnels autour de l’ophtalmologiste

“L’organisation des soins visuels en travail aidé pluriprofessionnel, pionnière en Europe, continue son impressionnant développement sur cette dernière année”, déclarait Thierry Bour, président du Snof, à l’occasion de la présentation des résultats de l’étude début février 2022. En effet, lorsqu’ils prennent rendez-vous chez l'ophtalmologiste, les patients sont désormais le plus souvent en contact avec plusieurs professionnels de la vision avant de rencontrer le médecin. Et notamment des orthoptistes : ils sont en effet plus de 2900 orthoptistes salariés et libéraux à participer en France au fonctionnement des cabinets d'ophtalmologie. La part des infirmiers dans les cabinets a également très fortement augmenté sur les deux dernières années : près de 600 infirmiers composent ces équipes, soit +34% depuis 2019. Autour de l’ophtalmologiste, les équipes sont de plus en plus constituées d’opticiens - plus de 260 - et d’autres assistants médicaux. La présence de ces derniers a connu une très importante hausse en deux ans, passant de 1,6% en 2019 à 18% en 2021.

Un impact très favorable pour l’accès aux soins pour tous

“En capitalisant sur la diversité des profils (orthoptistes, infirmiers, autres assistants…), nous arrivons à combiner sécurité et fluidité pour les patients, tout en réduisant les délais de rendez-vous”, ajoutait le président du Snof. En effet, pour mesure les répercussions de cette réorganisation, la baisse drastique des délais pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste en est le meilleur témoin : les délais médians sont passés de 66 jours en 2017 à 26 jours en 2021. Cela se traduit également par une forte capacité du système de soins français à dépister les maladies de la vision et à les prendre en charge. Pour exemples, la France continue d’améliorer ses capacités opératoires de la cataracte, elle demeure également en très bonne place pour le dépistage et le traitement des personnes atteintes d’un glaucome et se pose en tête des pays européens pour la prise en charge de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Enfin, la France est moins touchée que ses voisins européens par la malvoyance et la cécité. Autant de preuves qui attestent du succès de la réorganisation de la filière visuelle pour une meilleure prise en charge de tous les patients.

Source : Communiqué de presse du SNOF : “Travail aidé, 59% des ophtalmologistes en travail aidé sont en équipe pluri-professionnelle selon une étude du SNOF”, 04 février 2022.

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