La rééducation visuelle et la mémoire

#Santé Retour aux actualités

Parmi les différentes maladies des yeux, un grand nombre n’apparaissent qu’après 50 ans, 60 ans et plus. Quand la déficience visuelle est connue, il est primordial que la personne touchée soit prise en charge par un ensemble de professionnels. Le médecin ophtalmologiste est le premier interlocuteur qui va déceler la pathologie et donner un éventuel traitement, il suit aussi l’évolution des atteintes.
Certaines pathologies oculaires comme la DMLA, la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge, altèrent significativement la vision mais ne rendent pas totalement aveugle. Il est alors possible, accompagné d'un orthoptiste et de matériel spécifique, de suivre une rééducation et une réadaptation visuelle (dite orthoptique) afin de réaliser des activités qui paraissaient impossibles, et de retrouver une certaine autonomie.

La rééducation et la réadaptation orthoptique

La rééducation des yeux est un entrainement personnalisé destiné à optimiser les capacités visuelles, en fonction des atteintes visuelles mais aussi des besoins de la personne, dans la mesure du réalisable. C’est un exercice incontestablement difficile car il faut réapprendre à regarder. Par exemple, en présence d'une DMLA, l'objectif est de permettre à la personne d'utiliser pleinement les zones du champ visuel exploitables, en particulier d'apprendre à observer non plus avec le centre du champ de vision mais avec un champ plus latéral.  
La motivation des personnes et le soutien de leurs proches sont précieux mais ce ne sont pas les seuls gages de réussite.

La vue et la mémoire

DMLA maladies des yeuxUne étude publiée dans le « Journal of the American Geriatrics Society » avait pour but de vérifier les conséquences de l’altération des fonctions cognitives (langage, mémoire, raisonnement, décision, mouvement…) sur la rééducation visuelle.
L’étude a été réalisée dans un centre de rééducation pour personnes atteintes de basse vision, auprès de 91 patients âgés de plus de 65 ans, la moyenne d’âge était de 80 ans. Ils présentaient principalement des pathologies maculaires, zone de la rétine située au fond de l'œil, en particulier une DMLA, Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge. En effet, la DMLA est la pathologie oculaire la plus répandue pour les plus de 60 ans.

Une évaluation des pertes de mémoire a été réalisée par un test demandant de retenir 10 mots. Un questionnaire a permis d’évaluer les besoins visuels de près comme la lecture, la couture ou la cuisine, et les besoins visuels de loin pour regarder un film ou lire un panneau indicateur. Les occupations furent aussi évaluées en temps et par type.

L'intérêt d'une prise en charge précoce

Les 27 personnes qui présentaient des troubles mnésiques (de la mémoire) étaient les plus âgés. Après analyse des données, les personnes atteintes de troubles mnésiques en plus de leur atteinte visuelle ne réussissent pas à réapprendre à regarder différemment pour les activités de vision de près, la rééducation visuelle est donc sans bénéfice.
Des études complémentaires devront être faites pour préciser ces résultats et mettre en place un protocole pour une meilleure prise en charge.
Les troubles de la mémoire surviennent généralement à des âges avancés.

Cette publication confirme la nécessité de commencer la rééducation visuelle au plus vite lors d’une atteinte de la macula pour garantir une meilleure efficacité et éventuellement une autonomie retrouvée.


Source : Whitson HE et coll. Memory deficit associated with worse functional trajectories in older adults in low-vision rehabilitation for macular disease. J Am Geriatr Soc., 2012; 60: 2087-2092.

Back to top