Thérapie génique et NOHL, une avancée majeure

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La thérapie génique est un axe de recherche prometteur dans la lutte contre certaines maladies de la vision (DMLA, rétinopathie pigmentaire...). Début décembre 2020, des chercheurs viennent de démontrer l'efficacité d'une approche innovante de thérapie génique sur des patients atteints de neuropathie optique héréditaire de Leber (NOHL). De nouvelles perspectives s'ouvrent ainsi pour cette maladie héréditaire rare, mais aussi potentiellement pour d'autres maladies mitochondriales.

NOHL, une maladie rare de la vision

C'est en effet la revue Science Translational Medicine qui, le 9 décembre 2020, a publié les résultats d'un essai clinique pivot de phase III de la thérapie génique Lumevoq appliquée à des patients atteints de neuropathie optique héréditaire de Leber (NOHL). Maladie génétique rare qui touche une personne sur 30 000 à 50 000, celle-ci se distingue par une baisse brutale de la vision d'un œil puis des deux yeux, pouvant mener à la cécité. Cette pathologie concerne majoritairement les hommes et se produit notamment à partir de l'adolescence. Si elle est due à des mutations de l'ADN mitochondrial, qui perturbe la production de la protéine ND4, aucun traitement n'existe à ce jour, que ce soit pour la prévenir, en limiter la progression ou encore la soigner. Depuis plusieurs années, la thérapie génique compte parmi les pistes prometteuses pour un jour y parvenir.
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Corriger le gène ND4, une première mondiale

À l'origine de ces essais, la mise au point, par l'équipe de Marisol Corral-Debrinski avec José-Alain Sahel et Serge Picaud à l'Institut de la Vision, d'une nouvelle approche de thérapie génique. Pour la première fois au monde, celle-ci a permis de corriger le défaut d'un gène mitochondrial. Et dans le cas précis de la NOHL : le gène ND4. Pour rappel, la thérapie génique consiste à introduire du matériel génétique dans l'organisme d'un individu. Objectif : en modifier les cellules et ainsi soigner une maladie. Pour cela, on utilise des vecteurs, généralement des vecteurs viraux totalement inoffensifs, pour transporter le matériel génétique et pénétrer dans le noyau des cellules cibles. Or la difficulté, dans le cadre de la NOHL, était de cibler précisément la mitochondrie. D'où le développement d'une approche inédite consistant à ajouter au gène des séquences d'ADN dites séquences d'adressage permettant de cibler les mitochondries. La société Gensight Biologics, en collaboration avec l'Institut de la Vision, le Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts et la Fondation ophtalmologique Rothschild, a alors développé le vecteur de thérapie génique GS010.
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thérapie génique cécité

Cette photo est issue de travaux de recherche sur la thérapie génique dans le traitement de la cécité. Rétine de primate non humain après le transfert d’un gène de protéine fluorescente par un virus adéno-associé (AAV). On distingue les cellules photoréceptrices à cônes (en vert) ayant intégré le gène. © Inserm/Dubus, Elisabeth.

Une nette amélioration de la vision des patients atteints de NOHL

À l'issue de l’essai clinique Reverse, réalisé sur 37 patients atteints de NOHL, c'est une amélioration clinique considérable qui a pu être démontrée grâce à cette approche innovante. L’injection du vecteur viral dans un œil a permis une amélioration bilatérale de la vision chez plus de ¾ des patients. Concrètement, cela s'est traduit par la lecture en moyenne de 15 lettres supplémentaires par l'œil traité sur l'échelle ETDRS - qui permet de mesurer l'acuité visuelle -, soit l'équivalent de 3 lignes de plus. Surtout, les chercheurs ont été positivement surpris du bénéfice bilatéral du traitement, justifié par le transfert du gène sain d'un œil à l'autre.

Un espoir pour d'autres maladies mitochondriales

C'est donc une avancée majeure que viennent de réaliser les chercheurs dans la lutte contre la neuropathie optique héréditaire de Leber et, plus généralement, dans la lutte contre la cécité. En effet, ces nouvelles découvertes dans le traitement des patients atteints de NOHL ouvrent également de nouvelles perspectives pour les patients atteints d'autres maladies mitochondriales. Parce que la recherche ne s'arrête jamais, n'hésitez pas à la soutenir et faire un don à la Fondation Voir et Entendre sur idv-don.fr, par téléphone au 01 53 46 26 07 ou par courrier en adressant votre chèque à l’ordre de la Fondation Voir & Entendre au 17, rue Moreau 75012 Paris.

 

Sources :
• Bilateral visual improvement with unilateral gene therapy injection for Leber hereditary optic neuropathy Patrick Yu-Wai-Man, Nancy J. Newman, Valerio Carelli, Mark L. Moster, Valerie Biousse, Alfredo A. Sadun, Thomas Klopstock, Catherine Vignal-Clermont, Robert C. Sergott, Günther Rudolph, Chiara La Morgia, Rustum Karanjia, Magali Taiel, Laure Blouin, Pierre Burguière, Gerard Smits, Caroline Chevalier, Harvey Masonson, Yordak Salermo, Barrett Katz, Serge Picaud, David J. Calkins and José-Alain Sahel, Science Translational Medicine  09 Dec 2020: Vol. 12, Issue 573, eaaz7423. DOI: 10.1126/scitranslmed.aaz7423
• CP Institut de la Vision, Une thérapie génique innovante pour redonner la vue à des patients atteints d’une maladie rare, décembre 2020

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