Les nouveautés dans les traitements de la rétine

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Quelles sont les nouveautés dans les traitements des maladies de la rétine?

Les traitements de la DMLA

La DMLA, Dégénérescence Maculaire Liée à L’age, représente un réel enjeu et ce à plusieurs titres. Un nombre croissant de personnes sont et seront touchées, il s’agit donc bien d’une question de santé publique. Or les traitements sont très couteux et les défis sont également économiques. Les avancées et les espoirs se situent donc aussi bien au niveau thérapeutique qu’au niveau financier !

Rappelons qu’il existe deux formes de DMLA :

  • La DMLA humide (appelée aussi exsudative), pour laquelle il existe des traitements médicamenteux administrés par des injections intra‐vitréennes, avec une prise en charge du médicament, de la procédure d'injection, des consultations et des déplacements. L’ophtalmologiste a depuis fin 2013 à sa disposition 2 produits efficaces avec Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et remboursement.
  • La DMLA sèche pour laquelle il n’y a pas de traitement à ce jour. Des essais cliniques sont en cours. Ils sont menés dans de nombreux centres situés dans des hôpitaux et cliniques sur tout le territoire français. Le but de ces essais est de tester de nouvelles molécules visant à ralentir ou arrêter l’évolution de la maladie. La vision perdue n’est pas récupérable. Il n’existe pas d’alternative thérapeutique. Actuellement, 80 patients participent aux essais cliniques en phase 3, la phase 2 ayant montré l’efficacité du traitement, qui se fait par IVT injections intra‐vitréennes, 1 fois par mois, pour la vie. 

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shéma de l'oeil

La nouveauté en matière de rétinopathie diabétique

Elle se situe principalement au niveau du dépistage, qui néanmoins à ce jour reste insuffisant. Depuis moins d’un an, existent 2 actes dans la nomenclature CCAM, un pour la prise de la « rétinophoto » et un pour la lecture de cette photo. Ce processus permet le travail à distance entre les orthoptistes et les médecins ophtalmologistes. Ce système est destiné à favoriser le dépistage qui doit être annuel et systématique.

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Les traitements de l'œdème maculaire

traitement rétinopathie diabétiqueEn situation d’œdème maculaire, les vaisseaux de la rétine perdent anormalement leur étanchéité : l’objectif du traitement est donc d’améliorer la qualité des parois de ces vaisseaux.
Les uvéites, l’occlusion veineuse rétinienne et la rétinopathie diabétique sont les causes principales de l’œdème maculaire.
Le patient perçoit de façon significative une baisse de vision. L’ophtalmologiste examine alors le fond d’œil, et l’imagerie « OCT », Optical Coherence Tomography, lui délivre une cartographie complète de la rétine.
En cas d’œdème local, le traitement se fait par laser.
En cas d’œdème diffus, le traitement se fait par des IVT, des Injections Intra‐Vitréennes, piqûre dans l’œil qui peuvent être impressionnantes pour le sujet mais qui sont très efficaces.
Il est également nécessaire d’équilibrer la pression artérielle et un diabète éventuels.

Concernant les uvéites, la cortisone souvent préconisée est aujourd’hui administrée à l’aide d’un dispositif retard qui diffuse le produit lentement, durant quatre mois dans l’œil. L’avantage est que ce procédé évite les effets secondaires, non négligeables, de la corticothérapie par voie générale (situation où la cortisone ne vise pas une maladie générale).

La rétine artificielle : où en est‐on ?

Il est primordial de préciser que la rétine artificielle s’adresse actuellement uniquement aux personnes devenues aveugles à cause de maladies héréditaires de la rétine. Les aveugles de naissance, les personnes atteintes de DMLA ou celles qui voient mal ne sont pas concernées, pour le moment du moins, par cette prouesse technologique. 300 à 400 personnes en France pourraient y prétendre.
Les candidats souffrent essentiellement de rétinite pigmentaire et sont devenus aveugles après avoir été voyants pendant au moins les 6 premières années de leur vie. C’est dans l’enfance que le cerveau développe ses centres visuels qui permettront à l’œil de transmettre les informations au cerveau et à ce dernier de les recevoir correctement. Pour que cette rétine artificielle soit efficace, il faut donc que le cerveau puisse retrouver le souvenir de ces images.
Il existe deux techniques :

  • L’implant est posé directement sur la rétine. C’est le principe développé par l’entreprise américaine Second Sight, qui a obtenu le financement de l’assurance maladie et le marquage CE pour les implants Argus II. Plus de 100 patients ont été implantés dans le monde et en France 36 patients vont bénéficier de cet implant et d’une rééducation pris en charge dans le cadre du forfait innovation. La société française Pixium teste actuellement sa première génération de prothèse rétinienne selon ce modèle.  
  • L’implant est sous la forme d’une prothèse positionnée sous la rétine. La société française Pixium développe sa 3ème génération d'implant selon ce principe. La société allemande Retinal a obtenu l’autorisation de mise sur le marché. 

Focus sur l’implant Argus II

implant rétine artificielle argus 2Comment cet implant fonctionne‐t‐il ?
Le patient porte des lunettes équipées d’une caméra. Cette caméra envoie des informations au niveau de la branche des lunettes qui les communique, et ce sans fil à l’implant Argus II suturé à l’œil. Cet implant stimule la rétine et la rétine envoie alors à son tour les informations au cerveau. Les lunettes sont indispensables à ce dispositif qu’il est possible d’allumer ou d’éteindre lorsqu’on le souhaite.
Que voit‐on avec ? 
Cet implant permet de retrouver des « sensations visuelles », de trouver une porte, de suivre une ligne, de percevoir les lumières et les différences de luminosité et dans le meilleur des cas, de lire des grandes lettres. Ce dispositif doit être accompagné d’un travail de rééducation orthoptique pour apprendre à utiliser le plus efficacement possible ces sensations visuelles.
Où peut‐on le trouver ?
L’implant Argus II est disponible dans les 3 centres suivants :

Les patients et les associations de patients peuvent contacter ces centres pour savoir s’ils sont éligibles ou non. Les boites mails sont dédiées spécifiquement pour chacun de ces centres à cette technologie et le numéro Vert 0805 0805 96 est en place pour répondre aux questions.

Combien cela coûte ?
Dans le cadre du forfait innovation, ce dispositif comprenant l’implant + les lunettes + la rééducation revient à 90.000 € par patient, pris en charge par l'assurance maladie.

Lire aussi :

> La rétine artificielle remboursée via le Forfait Innovation

> ARGUS II : premiere implantation en situation de DMLA sèche 

Le futur… Des progrès sont attendus à tous les niveaux : électronique, miniaturisation et performance visuelle. La question reste la suivante : le biologique suivra‐t‐il ?

 

Sources :
DP SFO janvier 2015. Professeur Jean‐François Korobelnik, Président de la Société Française d’Ophtalmologie, Chef de service au CHU de Bordeaux.
Institut de la Vision.

Crédit photo : © Second Sight

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