Apnées du sommeil: ne pas les négliger

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L’apnée est la suspension plus ou moins prolongée de la respiration. Les apnées du sommeil s’observent chez tous les individus sans que cela n’ait obligatoirement de retentissement sur la qualité du sommeil. Ces apnées passent alors inaperçues et sont considérées comme normales. On parle de syndrome d’apnée obstructif du sommeil (SAOS) lorsque ces interruptions de la respiration sont fréquentes, rapprochées et retentissent sur la qualité du sommeil. Le SAOS est un facteur de risque de complications cardiovasculaires, il est aussi associé à plusieurs maladies des yeux. Le traitement disponible augmente la qualité de vie du patient de façon importante, il est conseillé pour la santé.

En France, on estime qu’un peu plus de 500 000 personnes souffrent du syndrome d’apnée obstructif du sommeil (SAOS). Les personnes en surpoids sont plus touchées que les autres et ce syndrome peut affecter les enfants comme les adultes. Les hommes seraient 2 fois plus concernés que les femmes. Le diabète multiplierait par 3 le risque d’apparition du SAOS.
 

Le diagnostic du syndrome d'apnée obstructif du sommeil

Le diagnostic de syndrome d’apnée obstructif du sommeil n’est pas facile à réaliser. En général, il est pressenti par un généraliste et posé par un spécialiste du sommeil. Dans les cliniques du sommeil, des spécialistes consultent et peuvent proposer au patient de passer la nuit sur place afin d’enregistrer le sommeil, et de réaliser différents examens médicaux.

Dans ces cliniques du sommeil, situées un peu partout sur le territoire français, l’enregistrement du sommeil et des paramètres cardiorespiratoires permettront de mesurer la fréquence et la durée des apnées. La polysomnographie (ou polygraphie du sommeil) est un examen médical qui consiste à enregistrer, au cours du sommeil du patient, les rythmes respiratoire et cardiaque, l’électroencéphalogramme, l’électromyogramme des muscles des bras ou des jambes… L’oxymétrie mesure la concentration d’oxygène dans le sang.

syndrome d’apnée obstructif du sommeilParadoxalement, les personnes qui souffrent de ce syndrome ont l’impression de bien dormir, car ce n’est pas la quantité de sommeil qui est en cause mais sa qualité. L’enregistrement du sommeil révèle que ces personnes ne se reposent jamais vraiment, même à nombre d’heures normalement suffisantes, car les apnées alertent le cerveau, empêchant ainsi d’atteindre la phase de sommeil profond : le sommeil réparateur. Pour les cas les plus sévères, les apnées peuvent se répéter toutes les 2 à 3 minutes et durer plus de 10 secondes !
 

Les conséquences de ces apnées du sommeil

Les conséquences pour les personnes souffrant de SAOS sont multiples : fatigue anormale dès le réveil, endormissements pendant la journée, perte de l’attention, reflux gastriques, troubles de la libido, troubles de l’humeur, complications cardiaques graves, troubles vasculaires qui peuvent avoir des répercussions cérébrales, ophtalmologiques…

Justement, en termes de complications oculaires, il n’est pas aisé de faire le lien entre maladies des yeux et SAOS, souvent mal ou peu diagnostiqué, mais les suspicions sont grandissantes, par exemple:

  • chez le diabétique, le SAOS peut entraîner ou aggraver la rétinopathie diabétique. L’incidence du SAOS serait évaluée à 25% des patients ayant un diabète insulinodépendant.
  • l’association avec le glaucome a fait l’objet de nombreuses publications et la plupart rapportent une augmentation importante de la fréquence du SAOS chez les patients glaucomateux.
  • le SAOS a une forte corrélation avec les neuropathies optiques ischémiques antérieures aiguës (NOIAA), et aussi très probablement avec l’occlusion de la veine centrale de la rétine et l’oedème papillaire secondaire à une hypertension intra‐cranienne.
  • le floppy eyelid syndrom (FES) se définit par un relâchement anormal des paupières supérieures, souvent associé à des conjonctivites et à des pathologies cornéennes (Kératites, kératocône…). Les paupières relâchées se retournent facilement et ne peuvent donc plus jouer leur rôle protecteur. La cornée peut se trouver en contact direct avec l’oreiller lors du sommeil, ce qui se traduit par un traumatisme et des inflammations chroniques graves. Une relation importante existerait entre FES et le SAOS et une étude* rapporte que 96% des patients ayant une FES ont des symptômes du AOS.
*McNab AA. Floppy eyelid syndrom and obstructive sleep apnea. Ophthal Plast Reconstr Surg. 1997 ; 13(2) :98‐11.

apnée du sommeil

Quels sont les traitements contre les apnées du sommeil ?

Dans un premier temps, le patient sera encouragé à respecter un certain nombre de mesures hygiéno‐diététiques : perdre du poids pour les personnes en surpoids, diminuer la consommation d’alcool, supprimer ou diminuer les benzodiazépines…

Pour les cas plus sérieux, un traitement mécanique par ventilation ou "pression positive continue" (PPC) sera proposé pendant le sommeil. Il consiste à l’établissement d’une compression d’air dans les voies aériennes supérieures. Ce matériel composé d’un masque relié à une bouteille, fonctionne très bien. Il corrige rapidement les symptômes de somnolence diurne excessive et prévient les complications cardiovasculaires. Cependant, il est relativement contraignant et pas toujours bien toléré. Il est nécessaire de bien éduquer le porteur car cet appareillage sera dans la plupart des cas nécessaire toute la vie. Il est important de positionner correctement le masque sur le nez et parfois la bouche, pour que l’air sous pression envoyé par la machine ne soit pas dirigé vers les yeux et éviter d’éventuelles sécheresses oculaires, irritations, voire des conjonctivites.

Des traitements chirurgicaux peuvent être envisagés pour les patients chez qui le traitement médical ne peut être toléré ou a échoué.

Source : Communiqué de presse janvier 2014 SFO Société Française d’Ophtalmologie.
Pr. J.F. Korobelnik, Président de la SFO, Chef de service, Hôpital Pellegrin Bordeaux.

 

 
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